Différentes Methodes de Jeux

METHODE de JEU par Yves DEGIOVANNI

Durant l'année on peut distinguer 3 périodes :
Période d' ELEVAGE : de Décembre à Mars, chaque couple donne 2 tournées soit 4 jeunes
Période de CONCOURS : d'Avril en Juillet, pendant cette période males et femelles sont séparés durant la semaine et se retrouve juste avant l'enlogement pour 1/4 d'heure environ dans le compartiment des femelles puis partent tous aux concours. Au retour les couples se reforment pour quelques heures et jusqu'au lendemain pour des concours difficiles, puis nouvelle séparation. Ainsi femelles et males sont joués au veuvage, les meilleurs en longue distance étant joués en fond et les sprinters en vitesse.
Pour les concours de jeunes je pratique le naturel tous les jeunes courent pour environ 8 concours de 100 km à 500 km.
Période de REPOS : de Août à Novembre, males et femelles (jeunes et vieux) sont séparés et sélectionnés sur leurs résultats aux concours et leurs morphologies pour ne garder qu'une douzaines de couples.

L' ALIMENTATION :
Période d' ELEVAGE : mélange de graine spécial élevage avec un conditionneur intestinal ( PRO BIOTIC, COMETOSE ou autre marque) 2 fois par semaine et LEVURE de BIERE 1 fois par semaine, eau avec vitamines 2 fois par semaine et NATURALINE 2 fois par semaine
Periode de CONCOURS : mélange de graine spécial sport avec PRO BIOTIC ou COMETOSE 2 fois par semaine et LEVURE de BIERE 1 fois par semaine, eau avec SPRINTER avant veille du concours, RECUPERO veille et retour du concours, le lendemain du retour NATURALINE et 1 jour de vitamines
Période de REPOS : idem élevage sauf mélange de graine spécial mue

La PREVENTION :
RONIDAZOLE 10% ou TRICHOREX 20 jours avant l'accouplement et à la fin des concours.
HYDRAREX ou AQUAVERM 20 jours avant l'accouplement et à la fin des concours
POUTIC dans les nids et le bain
Vinaigre de CIDRE 1 fois par mois (1 cuillère à café par litre d'eau)

Les INSTALLATIONS :
3 compartiments, 1 pour les males et 1 pour les femelles strictement identiques, puis 1 pour les jeunes.
Attention les installations doivent être propre et aérée.

Yves DEGIOVANNI

 

Le VEUVAGE INTEGRAL par Vincent DEPECKER

Qui n'a pas aujourd'hui entendu parler du veuvage ?
Cette méthode de jeu révolutionnaire qui date des années 1930-40 était autrefois jalousement gardée, reservée aux initiés. Elle a fait la renommée de nombreux amateurs de l'époque qui la pratiquaient aux dépends des joueurs "au naturel". A l'heure actuelle savoir comment pratiquer le veuvage est à la portée de tout le monde et certains en reviennent au naturel pour ne plus "sacrifier" leurs bonnes femelles ou pour ne pas laisser 50% de hasard dans la descendance de leur colonie.
Pour pouvoir profiter des avantages du veuvage sans pour autant hypothèquer les qualités au voyage de ses femelles, quelques amateurs français pratiquent depuis une quinzaines d'années le "veuvage intégral". Ce dernier permet de jouer males et femelle du même couple au veuf et, par la même occasion de doubler son nombre de pigeons à jouer sans pour autant agrandir son pigeonnier. Le veuvage intégral est particulièrement intérressant pour les jeunes amateurs qui se doivent de trier rapidement leurs pigeons et de sélectionner autant les males que les femelles. La méthode semble porter ses fruits puisque bon nombre d'hollandais et de belges se prête au jeu. Aussi, si la nation mère de la colombophilie a adopté cette technique, c'est qu'elle a du bon, explications...

Une façon de jouer bien particuliére
Le veuvage intégral a pour particularité de permettre d'enloger males et femelles sur le même concours, le même week-end sans pour autant démotiver les pigeons qui sont maintenus au veuf durant toute la semaine.
En vitesse, les pigeons iront ensemble sur les mêmes concours chaque semaine, le premier rentré ( et ce n'est pas toujours le male ! ) attendra l'autre bien sagement. Il est vrai que des vieux veufs, habitués au veuvage classique mettront quelques concours à s'habituer à cette nouvelle technique et seront peut être déçus de ne pas trouver leur dulcinée qui les atttend au retour. Il est alors utile de disposer de quelques femelles ( et males ) tardif(ve)s qui ne participeront pas au concours et qui amuseront les premier(e)s arrivé(e)s. De plus ces tardif(ve)s pourront remplacer un male ou une femelle qui s'est perdu(e) pour motiver le membre du couple restant pour les concours à venir. Les yearlings apprendront que lorsqu'ils(elles) rentrent il faut atttendre un peu pour pouvoir voir sa(son) compagne(on), ils(elles) s'y habitueront très vite et le repos pris pendant 5 minutes à leur rentrée à attendre ne sera que plus bénéfique pour leur récupération.
En demi fond le veuvage intégral doit permettre à une petite colonie de jouer toute la saison et tous les concours sans pour autant casser ses pigeons en les jouant trop. Il est en effet facile après un début de saison en vitesse pratiqué selon la méthode du veuvage intégral (pour lancer l'équipe) de jouer males et femelles de façon separée toutes les semaines ( une semaine on joue les males et l'autre les femelles ). Ainsi tous les deux semaines le pigeon participe à un concours de demi fond (300 à 500 kms) et la motivation de chacun des membres du couple reste affutée toute la saison puisqu'ils se voient toutes les semaines mais que chacun voyage à son tour. La situation varie ainsi chaque semaine pour chacun des membres du couple ce qui évite au pigeon de tomber dans une rourtine démotivante.
En fond et grand fond le veuvage intégral permet de préparer dans un même compartiment des pigeons destinés à des concours différents. Si l'on joue des males sur Tulles pour les préparer à Barcelone 3 semaines plus tard rien n'empeche entre deux de jouer ses femelles sur Pau par exemple ou Nimes. Le seul impératif a respecter vient du fait que le membre manquant du couple doit être rentré pour l'enlogement de l'autre membre du couple, il convient donc de se laisser une marge de sécurité dans les dates de rentrées de ces concours, qui ne sont pas de tout repos pour nos voiliers.

Des installations pas si compliquées
Ces dames doivent requérir toute notre attention...
notamment la manière de les nourrir qui est déterminante pour les résultats.

Bon nombre de colombophiles pensent que le veuvage intégral demande des installations bien spécifiques, en fait il convient de posséder un colombier de veuvage "classique", où seront joué les males et un autre compartiment attenant ou non à celui des males pour y loger les femelles.
Dans le meilleur des cas vous possedez un pigeonnier de veuvage "classique" avec au dos un compartiment pour les femelles. Vous pouvez alors pratiquer la technique du colombier tournant, elle demande beaucoup de soins mais elle se revèle très efficace dès le début des concours. Dans le système du colombier tournant on fait voler les femelles qui séjournent derrière le colombier des males en premier. Pendant ce temps les mâles passent par une petite trappe dans le pigeonnier des femelles (que l'on a pris soin de refermer ). Les femelles peuvent alors rentrer dans le colombier "vide" des mâles ou elles sont nourries. On peut alors lâcher les males. Pendant ce temps on repousse les femelles dans leur compartiment et les males peuvent rentrer "chez eux" pour manger. Toute la colonie à ainsi effectué sa volée. Lors des concours aucun problème, tout le monde rentre par le même spoutnik, celui des males, où ils ont été habitué à rentrer pendant la semaine.
Pour les amateurs qui ne possédent pas de compartiments accolés, la méthode demande un peu plus de patience, mais nécessite moins de temps pour effectuer les volées quotidiennes. En fait dans ce cas de figure les males font leur volée comme des veufs et rentrent dans leur propre pigeonnier. Les femelles quant à elles volent à partir de leur compartiment et rentrent dans celui-ci tels des veufs. Chaque membre du couple rentre donc dans des compartiments différents la semaine.
Il convient alors de laisser au pigeon ( et particulièrement aux femelles ) le temps de comprendre qu'il doit rentrer dans le compartiment des males lors des concours.
En général au bout de 2, 3 semaines tout est assimilé et les femelles savent bien qu'elles doivent rentrer dans un compartiment la semaine et dans un autre lors des concours. Une parade consiste en fait à simuler par des entrainements (avant la saison ) des concours et ainsi gagner le temps d'adaptaption nécessaire au départ.
Du luxe pour ces dames ?
Si le compartiment des males est tout ce qu'il y a de plus classique dans sa conception, celui des femelles doit lui être étudié de plus près. Ces dames ont en effet une facheuse tendance à s'accoupler entre elles et il convient d'empêcher qu'elles assouvissent leur désir.
En effet une des clé du veuvage intégral est d'arriver à garder l'ardeur sexuelle des femelles et cela ne va sans les empêcher de s'accoupler entre elles.
L'aménagement du compartiment des femelles va beaucoup vous aider dans votre tâche. Tout d'abord y banir la paille et les casiers, ils insitent les accouplements hors nature. Après, dans la mesure du possible, il est préférable d'installer un caillebotis, il empêche les accouplements au sol et toute ponte sera perdue et donc non couvée. On installera des perchoirs de types hirondelles renversées, trop petits pour permettre à deux femelles de s'y poser. Ensuite il faudra veiller à assurer, à l'aide d'un rideau, une pénombre relative, elle aidera à calmer vos femelles.
Enfin le point le plus important sera sans aucun doute la manière de nourrir, la parcimonie et de mise, elle aidera à contenir les ardeurs pendant la semaine et à faire remonter celles-ci avant les enlogements. Les résultats avec les femelles dépendent essentiellement de la façon dont on les nourriera, pensez-y.

La méthode
Le motivation doit être maintenue pendant toute la saison...
Après un accouplement de début de saison dans le compartiment des males pour le moins classique et l'élevage d'un ou de deux jeunes, on permet encore au couple un deuxième accouplement et une nouvelle ponte. Des entrainement seront donnés aux pigeons pendant l'élevage des jeunes.
Cette 2ème couvaison de 6-7 jours, on enlève les femelles et les placent dans leur colombier. Les males couveront jusqu'à abandon. On retire alors les oeufs et la paille et l'on retourne le plateau. Avant chaque enlogement on retourne le plateau et on permet au male de chasser à nid. On introduit alors la femelle et on laisse les deux amis fricoter un peu. On enloge alors les deux membres qui s'en trouvent surmotiver. Reste à attendre que nos compères rentrent et de recompenser le premier arrivé des deux par un(e) tardif(ve) en attendant que son ami(e) arrive. Pour maintenir la motivation pendant toute la saison, on utilise des variantes assez proches de celles employées dans le veuvage "classique".

Le veuvage intégral semble être une bonne méthode pour trier rapidement une colonie.
Elle constitue aussi un bon moyen de jouer avec plus de pigeons sans pour autant augmenter la taille de sa colonie, ce qui s'avère être un avantage certain pour les joueurs de fond et de demi-fond notamment.
Toutefois cette façon de faire requiert quelques prérequis. Il convient de savoir observer les pigeons et plus particulièrement l'état d'excitation des femelles, de savoir nourrir en conséquence et de connaitre un peu les rudiments du veuvage classique pour pouvoir motiver ses pigeons tout le long d'une saison. C'est ce que nous verrons dans un prochain reportage.

Article écrit par Vincent DEPECKER (19 ans, Hazebrouck, 1ère région),
un jeune amateur talentueux...

Vue sur le site de la FEDERATION COLOMBOPHILE FRANCAISE

 

Le VEUVAGE "classique" par C.G. Van der Linden

Les origines et les avantages
C'est dans la région de Liège que le veuvage fut inventé il y a à peu près un demi-siècle. Peu avant la première guerre mondiale, les grands amateurs de la région de Charleroi la mirent à leur tour en pratique. Petit à petit cette méthode se diffusa partout et, actuellement, elle est appliquée dans tous les pays où le jeu à pigeons a des adeptes. Mais, c'est une méthode difficile en ce qu'elle n'admet pas l'à peu près : on réussit ou on ne réussit pas, il n'y a pas de milieu. Elle offre d'énormes avantages : le pigeon n'élève pas et ne subit pas, ainsi, les fluctuations de forme inhérentes à l'élevage. La forme du veuf monte lentement, elle est constante et peut durer pendant deux à trois mois. Le veuf est prêt à être enlogé toutes les semaines, même jusqu'aux distances de 500 kms. Ce n'est qu'à partir de 600-700 kms qu'il vaut mieux lui donner du repos entre deux enlogements. Comme le veuf ne s'épuise pas à l'élevage il dure plus longtemps et il n'est pas rare de voir des mâles de 6 à 7 ans se distinguer encore aux grands concours. Mais, il est évident que le veuvage a de grands inconvénients. On élève peu avec les meilleurs voyageurs et la majorité des colonies s'épuisent ainsi au bout de quelques années. Le mâle se fatigue du veuvage et, si l'on n'y prend garde, il n'en veut plus après une ou deux saisons. Enfin, par temps sombre et pluvieux, même parfois par vent arrière, le veuf s'égare à cause de sa fougue. Il est imbattable par beau temps à toute distance, mais principalement entre 300 et 800 kms.

Au printemps
Séparés de leurs femelle vers la fin de l'année, les futurs veufs sont remis en ménage entre le 15 février et le début de mars. Généralement ils élèvent un jeune à la première nichée, et ensuite, après une dizaine de jours de couvaison, les femelles sont mises en volière : le veuvage commence. La question de l'élevage, avant le début des concours, est controversée. Il est des amateurs qui n'en veulent pas, sous prétexte que la fonction de nourricier fatigue le pigeon et lui enlève, ainsi, une partie des réserves qu'il a accumulées en hiver. Ensuite, l'élevage précipite la mue. Nous avons fait des essais nombreux et nous pouvons dire que l'élevage du printemps n'est pas nécessaire... si l'on ne désire jouer qu'une saison ! Mais, au bout de deux saisons, le mâle faiblit, s'il n'élève pas. N'a-t-on pas vu les grands amateurs - au temps où la différence entre grands joueurs et amateurs ordinaires était énorme - mettre leurs meilleurs sujets au repos et à l'élevage une saison sur deux ? Pour que le veuf dure, il faut lui permettre d'élever des jeunes. Il est des veufs, qui n'élèvent pas du tout, ni avant, ni après la saison de jeu : c'est proprement absurde et à ce système le sujet le plus solide et le mieux équilibré est guetté par la dépression nerveuse. Nous avons poussé plus loin les expériences. Depuis la fin de la dernière guerre, nos veufs élèvent d'abord une nichée complète : deux jeunes, puisque la nature détermine exactement le nombre d'oeufs que pond la femelle. C'est une méthode de triage à peu près infaillible, car le mâle gui faiblit à l'élevage n'a pas l'étoffe d'un bon voilier. Au deuxième nid, nous laissons un jeune, nous séquestrons la femelle quand ce jeune a 10 jours et ainsi nous commençons le jeu sur demi veuvage. Cette variante du veuvage est utile pour l'équipe destinée au long cours, puisque ainsi les veufs restent plus calmes et ne montent en grande forme qu'au moment opportun, quand les beaux concours commencent. La mise au veuvage sur oeufs se fait comme suit: on commence les dressages et au retour du premier concours les mâles ne retrouvent plus leurs femelles. Ils reprennent leurs oeufs un jour ou deux et, ensuite, les abandonnent. Cette façon de procéder provoque une excitation sexuelle chez les mâles, ils mangent mal et, si les résultats des deux premières étapes sont souvent brillants, il n'est pas rare de voir ces veufs rutilants et nerveux s'effondrer au bout de peu de temps.
On peut enfin n'accoupler qu'au 15 mars et commencer le veuvage sur le jeune du premier élevage.

Premiers dressages
Il est des amateurs nombreux qui dressent leurs veufs sur couvaison, mais c'est précaution superflue s'ils ont déjà voyagé les années précédentes. De toute façon, sitôt la femelle enlevée, les premières leçons commencent. Après trois jours d'isolement, on lâche les mâles à une dizaine de kms et au retour leur femelle se trouve au casier. Ne laissez les conjoints qu'une ou deux minutes ensemble et évitez tout rapprochement. On fera ainsi deux ou trois petites étapes, de préférence avec lâcher en commun. Si on en a les moyens, on peut allonger la distance et faire des lâchers de groupe à 50 kms. Il n'est pas utile d'aller plus loin. Le dernier lâcher aura lieu le jour de l'enlogement. Ce jour-là, 10 km suffisent, même 1 ou 2 km si l'on n'a pas le moyen de faire plus. Pour ce dernier lâcher on aura pris soin de remettre le "plateau " (le boulin) au mâle avant le départ.
Au retour on laisse le couple ensemble, tout en évitant les rapprochements, et on saisit le mâle, au momet où il "rappelle" tout doucement sa moitié.
En rentrant de voyage les veufs sont accueillis fenêtres grandes ouvertes et femelles au casier. Le couple peut fêter en toute liberté l'heureux retour. Il ne faut pas enlever trop tôt la femelle, car il faut que le mâle en ait... pour sa peine.
La présence de sa femelle, c'est la récompense de l'effort qu'il a fourni. La semaine suivante on peut recommencer les petits dressages, sauf si l'on joue à bonne distance. Dans ce cas mieux vaut ne pas forcer la dose.

Les concours
A présent, les vrais concours vont commencer. Avant l'enlogement le mâle reçoit son " boulin " (ou "plateau") : c'est signe que le départ est proche. On lâche l'équipe à quelques kms, au retour les femelles sont au poste et on met les mâles au panier sitôt qu'ils ont été auprès de leur moitié pendant une ou deux minutes. En pleine saison ces dressages ne sont plus nécessaires, car les veufs ont vite compris que tout cela n'est que mise en scène, hors-d'oeuvre et que le plat de résistance les attend au retour. Aux enlogements à partir de 600 km., nous mettons le plateau au casier une heure avant le départ: cela suffit pour faire comprendre au veuf que le travail sérieux va commencer. En juillet, il est parfois utile de varier la préparation. Certains mâles ne rêvent que plaies et bosses : on leur met un " batailleur" au casier. D'autres trouvent grand plaisir à transporter des brins de paille : on leur en met quelques-uns à portée et il n'est pas rare de voir rentrer de volée l'un ou l'autre veuf portant en son bec de l'herbe sèche, ou une fane de pommes de terre. Avant guerre nous avons eu un mâle de bonne valeur, appelé le " bâtisseur ". A chaque occasion, tout en étant veuf, il ramenait du matériel pour construire un nid. Si on lui passait une poignée de brins de paille au matin, le soir tout était mis en place. A défaut de brins de paille, il secouait les barreaux de sa case et s'épuisait ainsi en efforts inutiles.
On joue parfois les veufs, fin juillet, en chasse à nid. Pour cela il faut qu'ils soient en excellente condition et que l'étape qui les attend ne comporte qu'une journée de vol : 700 km au maximum. Quelques heures avant le départ on leur donne leur femelle, on laisse faire une petite volée et, ensuite, on enferme les couples au casier. Par ciel clair et temps relativement facile, on réussit parfois ainsi un coup d'éclat. Il est des mâles qui ont la passion de l'élevage : à ceux-là on passe un jeune fin juin et, une deuxième fois, fin juillet. En général, ils gavent ce jeune et on voit reprendre une nouvelle forme. Surtout le veuf de cinq à sept ans s'accommode parfaitement de cette variante du veuvage. Enfin, on peut couper la période de veuvage par une période d'élevage. Cela se fait, surtout, par les amateurs qui ont plusieurs équipes. Une équipe, accouplée tôt, est au veuvage du 15 avril au 15 mai, la suivante du 15 mai au 15 juin, la première recommence du 15 juin au 15 juillet et la deuxième termine la saison, en prenant le relai au 15 juillet. C'est évidemment du sport de professionnel car l'amateur ordinaire n'a ni le temps ni les installations pour employer des méthodes aussi compliquées.
En principe le veuvage ne doit durer que de deux mois à dix semaines. C'est pour cela que le colombophile limité par le temps, ou désireux de jouer uniquement les grandes épreuves, commence le veuvage fin mai et termine le jeu fin juillet. Ces deux mois doivent lui suffire pour établir ou maintenir sa réputation.

Extrait du livre de C.G. Van der Linden "Le pigeon voyageur"
Paru en 1950 aux éditions Payot - Tous droits réservés.

Vue sur le site de la FEDERATION COLOMBOPHILE FRANCAISE

 

Le jeu au NATUREL moderne par C.G. Van der Linden

La jalousie
Un système de jeu astreignant... mais qui peut vous permettre de réaliser de belles prestations...

On accouple deux mâles avec une femelle - nous avons déjà dit qu'elle n'y regarde pas de si près.
Le nid se trouve au milieu d'un casier à triples compartiments et, ainsi, la femelle séjournera alternativement avec l'un des deux mâles. Il est évident que le " trio " ne peut jamais être en liberté... au complet.
Pour bien réussir, il faut que les mâles ignorent qu'ils sont deux à se partager les faveurs de l'élue. Sitôt que les concours sont en vue, on ouvre de temps à autre le compartiment du mâle momentanément séquestré : c'est immédiatement la bataille.
Il ne faut pas qu'elle dure et il faut, surtout, que le ... meilleur gagne, c'est-à-dire celui qui a le plus de qualités sportives. Le jour de l'enlogement on garde celui-ci enfermé dans son compartiment, mais on remplace la cloison opaque par une cloison à claire-voie, ou par un verre de vitre.
Il est évident que ce mâle, voyant l'intrus détesté régner en maître dans sa propre demeure, va sentir la jalousie et la, fureur l'envahir.
On termine la préparation en enlevant la séparation et on saisit le mâle à enloger, sitôt qu'il a pu, avec l'aide du manager écarter son rival.
C'est un système de jeu épuisant et il faut beaucoup de doigté pour l'appliquer convenablement. Il est des mâles qui font merveille ainsi et il n'est pas rare de voir tomber en tête des sujets qui, joués naturellement, ne font rien de transcendant. On conseille aussi d'entraîner les deux mâles, car le meilleur n'est pas toujours celui qu'on pense !

Les " kotjes "
Un système basé sur la défense du térritoire de chaque couple : celui-ci doit régulièrement repousser un intrus.
C'est une méthode de jeu pratiquée depuis longtemps en pays flamand, spécialement aux concours de vitesse.
Chaque couple reçoit un casier isolé avec sortie particulière au toit. On les dispose par rangées au grenier, contre le toit, et une " tuile béante " avec planchette d'arrivée donne accès à chaque compartiment.
Les couples couvent, élèvent, entrent, sortent et, ainsi connaissent parfaitement leur planchette et leur " kotje ". Au début il faut prendre quelques précautions, car, si l'un ou l'autre pigeon se trompe de " kotje ", il s 'ensuit des batailles souvent dangereuses.
Quelque temps avant les premiers dressages on place journellement pendant une dizaine de minutes, un mâle fougueux, non accouplé et de couleur très voyante, dans chaque " kotje " : c'est le batailleur. Au bout de quelques exercices il connaît son affaire et les batailles font rage. C'est, bien entendu, le propriétaire du " kotje " qui doit remporter la victoire. Au retour de chaque dressage le mâle retrouve l'intrus dans sa demeure.
Tous les mâles connaissent bien vite ce batailleur et le haïssent mortellement. A l'arrivée, on montre le batailleur -on le pousse souvent par la tuile béante - et l'arrivant plonge comme un épervier sur sa proie. Ce jeu demande beaucoup de travail, mais pour la vitesse il ne semble pas qu'on ait trouvé mieux. Les pigeons m'en souffrent pas, car après un mois de dressage les batailles ne sont plus nécessaires : il suffit de montrer le batailleur au départ et au retour.

La jalousie des femelles
Une méthode originale de jeu des femelles...
On forme quelques couples dont les femelles seules vont partir aux concours.
On place les couples dans un colombier de petites dimensions et comportant autant de casiers qu'il y a de femelles à jouer.
A la deuxième couvaison, on enlève les mâles tous les soirs, vers 18h., quand toutes les femelles ont repris le nid.
On aura préparé un mâle de couleur voyante et très fougueux et on le lâche au colombier des femelles.
Il va, roucouler de-ci de-là et il se hasardera bientôt à faire l'une ou l'autre tentative... plus osée.
La femelle importunée chassera l'intrus à coups de bec et d'aile. Le même jeu recommence ailleurs...
Au bout d'une demi-heure on enlève le mâle étranger. Chaque après-midi la séance recommence et après peu de jours toutes les femelles quittent à la fois leur nid, sitôt que l'étranger arrive, et le rossent d'importance.
C'est le moment de commencer les dressages et le jeu.
Il n'y a pas de nombreuses années que cette méthode est connue. On l'appliquait, sans doute, mais ... en secret.
Il est vrai que l'amateur qui a trouvé un nouveau système garde jalousement sa, trouvaille pour lui. C'est un jeu et la victoire se dispute chèrement. La jalousie des femelles convient surtout pour les épreuves à " deux jours de panier " (comme on dit), c'est-à-dire aux distances comprises entre 250 et 600 kms.
Nous l'avons appliquée avec quelques succès. Elle a le désavantage de sacrifier complètement les mâles.

Le demi-veuvage
On appelle ainsi une méthode de jeu qui comporte la séquestration momentanée d'un des conjoints.
Sitôt que les jeunes sont à grain, soit à l'âge de dix jours - on n'en garde, bien entendu, qu'un seul - le conjoint qui ne voyage pas rejoint la volière et le voyageur se trouve seul à élever son petit.
Comme nous verrons plus loin le demi-veuvage des mâles, nous ne parlerons ici que des femelles.
Le mâle sera séquestré la première fois, quand le jeune aura 3 ou 4 jours, si un enlogement peut se faire à ce moment. La veille de l'enlogement on enlève le mâle, et la femelle reste seule jusqu'au moment du départ.
Sitôt qu'elle est partie on met le mâle en liberté et celui-ci s'empresse de rejoindre le nid et de reprendre sa fonction de nourricier. La femelle rentre souvent en tête, et le ménage normal continue à subsister pendant 2 ou 3 jours.
Deux jours avant le concours suivant, le jeune aura 9 à 10 jours. Le mâle est définitivement séquestré et la femelle, nourrie et abreuvée au casier, ne quitte plus son rejeton.
Elle va petit à petit se mettre dans une forme exceptionnelle. Elle repart et, si elle a quelque valeur, elle doit se distinguer. Pendant son absence, le mâle retourne à son jeune, mais il ne faut pas que les conjoints se revoient.
Pendant toute la semaine suivante, la femelle garde le casier. Doit-elle faire une volée de temps à autre ? Ce n'est pas indispensable, mais cela ne peut faire de mal.
Si le jeune devient trop grand, on peut le remplacer, pendant que la mère est en voyage, par un autre de même couleur, mais plus jeune.
En 1948, nous avons joué ainsi, avec succès, une femelle pendant 4 semaines. Au départ du dernier concours le pipant était complètement développé et, comme c'était un beau jeune mâle, il était bien plus grand que sa mère.
C'est un système idéal pour les femelles. On peut les jouer ainsi à toute distance, même aux concours de fond. Elles ne s'usent pas, elles pondent peu et l'élevage d'un seul jeune ne peut les épuiser.
Il est des amateurs qui gavent eux-mêmes le jeune, mais c'est tout à fait inutile si l'on a des femelles solides et puissantes. Les femelles très nerveuses ou... très amoureuses ne conviennent pas au demi-veuvage. Seules les véritables " mères ", en fait les peu prolifiques, seront ainsi jouées et les autres, rarement bonnes voyageuses, serviront " d'amusette " aux veufs.

Extrait du livre de C.G. Van der Linden "Le pigeon voyageur"
Paru en 1950 aux éditions Payot - Tous droits réservés.

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